Caniblog
Menu
Races

Races de dogues : les reconnaître et comprendre leurs différences

Un dogue est un molosse au corps puissant, à la poitrine ample et à l’ossature lourde, que la Fédération cynologique internationale range, sauf exception, dans sa section des « molossoïdes type dogue ». Cinq races portent ce nom dans sa nomenclature française, du Dogue allemand au Dogue du Tibet, et plusieurs cousines, du Mastiff au Cane Corso, partagent leur section. Lorsqu’elles sont inscrites au LOF, aucune des races nommées dogue n’est classée en catégorie en France.

Un Dogue de Bordeaux à la robe fauve acajou couché sur la terrasse en bois d’une maison, sa large tête posée sur les pattes avant, dans la lumière dorée du soir.
Le Dogue de Bordeaux, l’un des plus anciens chiens français, au repos sur une terrasse en fin de journée.

Qu’appelle-t-on un chien dogue ?

Le mot a désigné une silhouette bien avant de désigner des races. Le standard FCI du Dogue allemand le rappelle : sous l’appellation dogue, on rangeait d’abord un chien grand et puissant qui n’appartenait à aucune race précise. Celui du Dogue de Bordeaux situe l’apparition du mot à la fin du XIVe siècle et rappelle qu’au milieu du XIXe, ces anciens dogues servaient encore à la chasse au sanglier et à la garde des maisons et du bétail.

Aujourd’hui, la Fédération cynologique internationale (FCI) classe ces chiens dans son groupe 2, section 2.1, intitulée « Molossoïdes type dogue ». La version anglaise de la même nomenclature parle de Mastiff type, ce qui explique que dogue et mastiff se traduisent souvent l’un par l’autre. Les points communs tiennent au corps : puissant, à la poitrine ample et à l’ossature solide, le plus souvent couvert d’un poil court.

Les têtes, en revanche, n’ont rien d’uniforme. Le standard du Dogue de Bordeaux décrit une tête volumineuse, large et assez courte, au point que le tour de tête d’un mâle correspond à peu près à sa hauteur au garrot. Celui du Dogue allemand veut au contraire une tête allongée et étroite. Sous un même nom, on trouve donc des chiens très différents à l’œil comme au quotidien.

Quelles races portent le nom de dogue ?

Dans la nomenclature française de la FCI, cinq races ont le mot dans leur nom officiel : le Dogue allemand, le Dogue de Bordeaux, le Dogue argentin, le Dogue de Majorque, aussi appelé Ca de Bou, et le Dogue du Tibet. Le Presa Canario, parfois appelé dogue des Canaries, n’a pas le mot dans son nom officiel mais appartient bien à la section des molossoïdes de type dogue. Le Dogue du Tibet fait le chemin inverse : il porte le nom, mais la FCI le range parmi les molossoïdes de type montagne, avec son poil épais et sa crinière de chien des hauts plateaux.

Le tableau ci-dessous rassemble les repères publiés dans les standards FCI pour ces races et pour trois cousines de la même section souvent citées avec elles. Les hauteurs sont celles des mâles ; dans chaque standard qui donne un chiffre, les femelles sont un peu plus petites.

Repères des standards FCI, hauteur au garrot des mâles
RaceOrigineSection FCITaille du mâleStatut en France
Dogue allemandAllemagne2.1, type dogue80 à 90 cmNon catégorisé
Dogue de BordeauxFrance2.1, type dogue60 à 68 cmNon catégorisé
Dogue argentinArgentine2.1, type dogue60 à 68 cmNon catégorisé
Dogue de Majorque (Ca de Bou)Espagne2.1, type dogue55 à 58 cmNon catégorisé
Dogue du TibetTibet (Chine)2.2, type montagne66 cm au minimumNon catégorisé
Presa CanarioEspagne (Canaries)2.1, type dogue61 à 66 cmNon catégorisé
Cane CorsoItalie2.1, type dogue64 à 68 cmNon catégorisé
MastiffGrande-Bretagne2.1, type doguePas de chiffre dans le standardNon catégorisé s’il est inscrit au LOF
TosaJapon2.1, type dogue60 cm au minimum2e catégorie s’il est inscrit au LOF

Ces chiffres décrivent l’idéal de chaque race, pas un chien en particulier. Ils suffisent pourtant à mesurer l’écart : un Dogue de Majorque mâle mesure entre 55 et 58 cm au garrot quand un Dogue allemand mâle en mesure au moins 80. Le mot dogue réunit des chiens de gabarits très différents, et le choix d’une race commence par ce constat.

Dogue allemand ou Dogue de Bordeaux : comment les distinguer ?

Le Dogue allemand se reconnaît à sa hauteur et à son élégance. Son standard, établi pour la première fois en 1880 lors d’une exposition à Berlin et confié depuis 1888 au club allemand de la race, décrit un chien qui réunit fierté, puissance et élégance. La race est élevée en trois variétés de couleur indépendantes : fauve et bringé, arlequin et noir, et bleu. Pour son histoire et son caractère en détail, voyez notre portrait du Dogue allemand.

Le Dogue de Bordeaux est plus bas, plus large et plus lourd. Son standard le présente comme l’un des plus anciens chiens français, un molossoïde brachycéphale, c’est-à-dire à museau court, trapu et athlétique. Sa robe est d’une seule couleur, dans toute la gamme du fauve, de l’acajou à l’isabelle. Présent sous son nom actuel dès la première exposition canine française, en 1863 au Jardin d’Acclimatation de Paris, il a frôlé l’extinction après la Seconde Guerre mondiale avant de reprendre son essor dans les années 1960. Les deux standards sont consultables sur les fiches de la FCI pour le Dogue allemand et pour le Dogue de Bordeaux.

Les dogues sont-ils des chiens de catégorie en France ?

Non, pour les races qui portent ce nom. La réglementation française classe en 1re catégorie, celle des chiens d’attaque, des chiens sans pedigree dont la morphologie se rapproche de l’American Staffordshire terrier, du Mastiff ou du Tosa. La 2e catégorie, celle des chiens de garde et de défense, réunit les chiens de race American Staffordshire terrier, Rottweiler et Tosa, ainsi que les chiens sans pedigree assimilables au Rottweiler. Le Dogue allemand, le Dogue de Bordeaux, le Dogue argentin, le Dogue de Majorque, le Dogue du Tibet, le Presa Canario et le Cane Corso n’y figurent pas.

Trois nuances comptent pourtant. La même section de la FCI abrite deux races catégorisées, le Rottweiler et le Tosa. Un chien sans pedigree dont l’allure rappelle le Mastiff peut relever de la 1re catégorie, et seul un vétérinaire est compétent pour déterminer le type racial d’un animal. Enfin, un chien non catégorisé peut lui aussi être dangereux. Les obligations liées à chaque catégorie sont détaillées dans la fiche de Service-Public sur les chiens de catégorie.

Que demande un dogue au quotidien ?

D’abord de la place et de l’organisation. Un mâle Dogue de Bordeaux pèse au moins 50 kg selon son standard, un Cane Corso mâle de 45 à 50 kg : il faut pouvoir le transporter, le tenir en laisse, le soulever s’il se blesse, et lui offrir un couchage à sa mesure. Les principes valent pour tous les grands formats, et notre guide des grands chiens rappelle que la taille modifie l’espace, le budget et les gestes de sécurité.

Une femme promène en laisse un grand dogue au poil gris-bleu sur un chemin de campagne bordé de haies, vue de dos, au petit matin.
Une sortie calme au petit matin, quand la chaleur ne pèse pas encore sur un très grand chien.

Ensuite, de la vigilance face à la chaleur. Les races à museau court, comme le Dogue de Bordeaux, supportent moins bien les fortes températures : le halètement, principal moyen de se rafraîchir pour un chien, y est moins efficace. Comprendre pourquoi un chien halète aide à distinguer un effort normal d’un signal d’alerte, et à décaler les sorties aux heures fraîches en été.

Enfin, une attention particulière à l’estomac. Le Manuel vétérinaire MSD cite le Dogue allemand parmi les races exposées au syndrome de dilatation-torsion de l’estomac, une urgence qui touche surtout les grandes races à poitrine profonde. Des efforts de vomissement qui ne ramènent rien, une salivation abondante, de l’agitation ou un ventre qui gonfle imposent de partir chez le vétérinaire sans attendre. Parmi les facteurs associés, le manuel cite un seul repas par jour et une prise alimentaire rapide.

Comment choisir parmi les races de dogues ?

Le premier critère est la fonction pour laquelle la race a été sélectionnée, car elle se lit encore dans son tempérament. Les standards l’écrivent noir sur blanc : chien d’accompagnement, de garde et de protection pour le Dogue allemand ; garde, défense et dissuasion pour le Dogue de Bordeaux ; chasse au gros gibier pour le Dogue argentin ; garde et travail du bétail pour le Presa Canario ; chien d’utilité polyvalent pour le Cane Corso. Un chien sélectionné pour garder aura besoin d’un cadre clair et d’une socialisation très précoce.

Viennent ensuite le gabarit, à confronter au logement, à la voiture et à la force de la personne qui promènera le chien, puis la tolérance à la chaleur si la région est chaude. La rencontre d’adultes de la race, chez eux et dans leur vie ordinaire, vaut mieux que toutes les photos d’exposition. Auprès de l’éleveur, demandez les dépistages pratiqués sur les parents et l’inscription au LOF, qui atteste la filiation et la race du chien.

Questions fréquentes

Le Dogue allemand est-il un chien de catégorie ?

Non. Le Dogue allemand ne figure ni dans la 1re ni dans la 2e catégorie de la réglementation française sur les chiens susceptibles d’être dangereux. Il reste soumis aux règles communes à tous les chiens, et son gabarit justifie une éducation et une socialisation soignées dès le plus jeune âge.

Quelle est la plus grande race de dogue ?

Par la hauteur, le Dogue allemand : son standard FCI fixe un minimum de 80 cm au garrot pour les mâles et de 72 cm pour les femelles. Le Dogue du Tibet, lui, demande au moins 66 cm pour les mâles, tandis que le Dogue de Bordeaux, plus bas, se distingue par sa masse : au moins 50 kg pour un mâle.

Quelle différence entre un dogue et un mastiff ?

En français, dogue désigne le type : la FCI parle de « molossoïdes type dogue », que sa version anglaise traduit par Mastiff type. Le Mastiff est aussi une race précise, d’origine britannique, rangée dans cette même section. Un Dogue de Bordeaux est donc un chien de type mastiff, mais pas un Mastiff.

À garder en tête

  • Type dogue : groupe 2, section 2.1 de la FCI, « molossoïdes type dogue »
  • Races nommées dogue : allemand, de Bordeaux, argentin, de Majorque et du Tibet
  • En France, aucune de ces races n’est catégorisée lorsqu’elle est inscrite au LOF
  • Vigilances : chaleur pour les museaux courts, torsion d’estomac pour les grands chiens à poitrine profonde

Sources et limites

Cette page est une synthèse éditoriale. Elle ne remplace ni un avis vétérinaire ni un conseil juridique. Les repères ont été vérifiés le 20/10/2026 dans les standards FCI et la fiche Service-Public citée.

Continuer le chemin

Relier le conseil à la vie réelle

Une page isolée répond à une question. La rubrique aide à prendre une décision complète, avec les bons repères et les bonnes limites.

Explorer Races